una sentenza della Corte di Giustizia Europea  ( EN, FR ) ha sancito l’incompatibilità  della sharia con la Convenzione per i diritti dell’uomo ”

Refah Partisi v. Turkey, 31 July 2001.
Political party dissolved by the Constitutional Court because of threat to the principle of secularism (desire to institute sharia (Islamic Law)).
“Like the Constitutional Court, the Court considers that sharia, which faithfully reflects the dogmas and divine rules laid down by religion, is stable and invariable. Principles such as pluralism in the political sphere or the constant evolution of public freedoms have no place in it. The Court notes that, when read together, the offending statements, which contain explicit references to the introduction of sharia, are difficult to reconcile with the fundamental principles of democracy, as conceived in the Convention taken as a whole. It is difficult to declare one’s respect for democracy and human rights while at the same time supporting a regime based on sharia, which clearly diverges from Convention values, particularly with regard to its criminal law and criminal procedure, its rules on the legal status of women and the way it intervenes in all spheres of private and public life in accordance with religious precepts. In addition, the statements concerning the desire to found a ‘just order’ or the ‘order of justice’ or ‘God’s order’, when read in their context,and even though they lend themselves to various interpretations, have as their common denominator the fact that they refer to religious or divine rules in order to define the political regime advocated by the speakers. They reveal ambiguity about those speakers’ attachment to any order not based on religious rules. In the Court’s view, a political party whose actions seem to be aimed at introducing sharia in a State party to the Convention can hardly be regarded as an association complying with the democratic ideal that underlies the whole of the Convention.” (§72).
The State’s margin of movement.
“Consequently, the Court considers that the penalty imposed on the applicants may reasonably be considered to have met a ‘pressing social need’, in so far as Refah’s leaders, under the pretext that they were redefining the principle of secularism, had declared their intention of setting up a plurality of legal systems and introducing Islamic law (sharia), and had adopted an ambiguous stance with regard to the use of force to gain power and retain it. It takes the view that, even though the margin of appreciation left to States must be a narrow one where the dissolution of political parties is concerned, since the pluralism of ideas and parties is itself an inherent part of democracy, a State may reasonably forestall the execution of such a policy, which is incompatible with the Convention’s provisions, before an attempt is made to implement it through concrete steps that might prejudice civil peace and the country’s democratic regime.” (§81).

Arrêt Refah Partisi c/ Turquie du 31 juillet 2001.
Dissolution d’un parti politique par la Cour constitutionnelle pour menace au principe de laïcité (volonté d’instaurer la Charia (loi islamique).
” A l’instar de la Cour constitutionnelle, la Cour reconnaît que la Charia, reflétant fidèlement les dogmes et les règles divines édictées par la religion, présente un caractère stable et invariable. Lui sont étrangers des principes tels que le pluralisme dans la participation politique ou l’évolution incessante des libertés publiques. La Cour relève que, lues conjointement, les déclarations en question qui contiennent des références explicites à l’instauration de la Charia sont difficilement compatibles avec les principes fondamentaux de la démocratie, tels qu’ils résultent de la Convention, comprise comme un tout. Il est difficile à la fois de se déclarer respectueux de la démocratie et des droits de l’homme et de soutenir un régime fondé sur la Charia, qui se démarque nettement des valeurs de la Convention, notamment eu égard à ses règles de droit pénal et de procédure pénale, à la place qu’il réserve aux femmes dans l’ordre juridique et à son intervention dans tous les domaines de la vie privée et publique conformément aux normes religieuses. En outre, les déclarations qui concernent le souhait de fonder un ” ordre juste ” ou un ” ordre de justice ” ou ” ordre de Dieu “, lues dans leur contexte, même si elles se prêtent à diverses interprétations, ont pour dénominateur commun de se référer aux règles religieuses et divines pour ce qui est du régime politique souhaité par les orateurs. Elles traduisent une ambiguïté sur l’attachement de leurs auteurs pour tout ordre qui ne se base pas sur les règles religieuses. Selon la Cour, un parti politique dont l’action semble viser l’instauration de la Charia dans un Etat partie à la Convention peut difficilement passer pour une association conforme à l’idéal démocratique sous-jacent à l’ensemble de la Convention. ” (§ 72).
Marge de manoeuvre de l’Etat.
” Partant, la Cour estime que la sanction infligée aux requérants peut raisonnablement être considérée comme répondant à un ” besoin social impérieux “, dans la mesure où les responsables du R.P., sous le prétexte qu’ils donnaient un contenu différent au principe de laïcité, avaient déclaré avoir l’intention d’établir un système multi-juridique et d’instaurer la loi islamique (la Charia) et avaient laissé planer un doute sur leur position quant au recours à la force afin d’accéder au pouvoir et notamment d’y rester. Elle considère que, même si la marge d’appréciation des Etats doit être étroite en matière de dissolution des partis politiques, le pluralisme des idées et des partis étant lui-même inhérent à la démocratie, l’Etat concerné peut raisonnablement empêcher la réalisation d’un tel projet politique, incompatible avec les normes de la Convention, avant qu’il ne soit mis en pratique par des actes concrets risquant de compromettre la paix civile et le régime démocratique dans le pays. ” (§ 81).